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Cours · 15 à 18 ans

Financer l’entreprise : réserves, emprunt ou capital

À la fin, tu sais comparer les manières de financer un projet (autofinancement, emprunt bancaire, entrée d’un investisseur) et distinguer résultat et cash-flow.

Cours 4 sur 610 min15 à 18 ans

Le résultat se calcule : il compare des produits et des charges. Le cash-flow, ou variation de trésorerie, se constate : c’est l’argent réellement entré sur le compte ou sorti. Les deux divergent souvent. Un stock se paie le jour de l’achat, mais son coût n’entre dans le résultat qu’au moment de la vente ; un emprunt fait entrer de l’argent sans créer de résultat ; son remboursement fait sortir de l’argent sans être une charge, car seuls les intérêts en sont une.

Restaurant : une journée avec un Prêt développement de 4 234 € à 6,3 % sur 45 jours
Encaissements : 40 repas à 14,00 €
560,00 €
Rachat du stock : 40 repas à 4,80 €
- 192,00 €
Charges fixes, salaire du vendeur et publicité « Affiches »
- 179,00 €
Intérêts du jour : 4 234 € × 6,3 % ÷ 365
- 0,73 €
Remboursement du capital : 4 234 € ÷ 45, arrondi
- 94,00 €
Variation de trésorerie (cash-flow)+ 94,27 €

Le résultat de la même journée vaut 560,00 € moins 192,00 €, 179,00 € et 0,73 €, soit 188,27 €. L’écart de 94,00 € correspond exactement au remboursement : il fait sortir de l’argent de la caisse, mais ce n’est pas une charge.

Un agent dont les investissements dépassent l’épargne a un besoin de financement ; celui dont l’épargne dépasse les investissements dégage une capacité de financement, qu’il peut prêter. Pour une entreprise, un projet peut vite coûter plus que ce qu’elle a en caisse. Prends un projet du jeu : la Petite usine.

Le projet usine du restaurant
Machine automatique, exigée avant l’usine
2 381,00 €
Petite usine
5 821,00 €
Coût du projet
8 202,00 €
Trésorerie de départ d’une partie PDG
8 000,00 €
Il manque, avant même de racheter du stock202,00 €

Même en vidant la caisse le premier jour, les réserves ne suffisent pas : il faut d’abord accumuler des résultats, emprunter ou faire entrer un investisseur.

Trois grandes solutions existent. L’autofinancement : payer avec les résultats mis de côté. Aucun intérêt, aucun compte à rendre, mais le matelas de trésorerie fond et le projet attend. L’emprunt : la banque prête, et le taux d’intérêt est à la fois le coût du crédit pour l’emprunteur et la rémunération du prêteur ; la dette se rembourse quoi qu’il arrive, bonne ou mauvaise année. Le capital : un investisseur apporte de l’argent qui ne se rembourse pas, en échange d’une part de l’entreprise, donc d’une part des bénéfices distribués et du pouvoir de décision. Les grandes entreprises s’adressent aussi directement aux marchés financiers : elles émettent des actions, qui sont des parts de capital, ou des obligations, qui sont des titres de dette.

Accepter un investisseur au restaurant ?
Apport proposé par l’investisseur
5 292,00 €
Part de l’entreprise cédée
20 %
Valeur de l’entreprise que cela suppose : 5 292,00 € ÷ 0,20
26 460,00 €
Résultat de 30 journées (exemple du cours sur le résultat)
4 230,00 €
Part de l’investisseur si ce résultat est entièrement distribué846,00 €

L’apport ne se rembourse pas et ne coûte aucun intérêt, mais l’investisseur a droit à 20 % de chaque bénéfice distribué et détient 20 % des droits de vote, tant qu’il reste associé. Emprunter coûte des intérêts pendant une durée fixée ; céder du capital, c’est partager l’avenir.

Avant de prêter, la banque vérifie que tu pourras rembourser. Dans le rendez-vous bancaire du jeu, la capacité de remboursement divise le bénéfice quotidien moyen par le coût quotidien de la dette, remboursement et intérêts compris. Avec 150 € de bénéfice moyen par journée et 50 € de coût de la dette (chiffres ronds), le ratio vaut 3,0 : la dette est couverte trois fois. Sous 2, c’est tendu. Si toutes les journées ressemblaient à celle du restaurant ci-dessus, le ratio vaudrait 188,27 € ÷ 94,73 €, soit environ 1,99 : juste sous le seuil, alors qu’un affichage arrondi à une décimale indique 2,0. Un chiffre arrondi se lit toujours avec prudence. Attention au vocabulaire : en analyse financière, la capacité de remboursement désigne le plus souvent les dettes financières divisées par la capacité d’autofinancement annuelle, exprimée en années. Le jeu retient un ratio de couverture plus simple, mais la question est la même : l’activité dégage-t-elle assez d’argent pour faire face à la dette ?

Petit quiz

  1. Aujourd’hui, tu rembourses 94,00 € du capital emprunté. Quel est l’effet sur le résultat de la journée ?

    • Il baisse de 94,00 €
    • Aucun : seule la trésorerie baisse
    • Il augmente, parce que la dette diminue

    Le remboursement du capital n’est pas une charge : il réduit la dette et la trésorerie. Seuls les intérêts diminuent le résultat.

  2. Un investisseur apporte 5 292 € contre 20 % de ton entreprise. Qu’est-ce qui est vrai ?

    • Tu devras lui rendre 5 292 € avec des intérêts
    • Il n’aura droit à rien si l’entreprise fait des bénéfices
    • Tu ne rembourses rien, mais il détient 20 % de l’entreprise et de ses bénéfices distribués

    Un apport en capital ne se rembourse pas. En contrepartie, l’investisseur devient associé : il partage les bénéfices distribués et les décisions.

  3. Tu empruntes 5 800 € à 4,5 % sur 36 mois : les intérêts coûtent 411,16 €. Sur 60 mois, la mensualité baisse. Et le coût total des intérêts ?

    • Il augmente, car tu gardes la dette plus longtemps
    • Il baisse, comme la mensualité
    • Il reste de 411,16 €

    Sur 60 mois, il atteint 687,77 €. Les intérêts courent chaque mois sur le capital restant dû, et ce capital est remboursé plus lentement.

  4. Ton bénéfice quotidien moyen est de 120 € et ta dette te coûte 80 € par jour. Que dit ta capacité de remboursement ?

    • 3,0 : la situation est très confortable
    • 1,5 : sous le seuil de 2, la situation est tendue
    • 0,7 : l’entreprise est en faillite

    120 ÷ 80 = 1,5. Le bénéfice ne couvre la dette qu’une fois et demie : une mauvaise passe suffirait à rendre les remboursements difficiles.